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Prés. du Volet Santé
Témoignage du Dr. Kodio
Documentation

Présentation du Volet Santé PVMTMS Janvier 2008

(par Dr. Piero Coppo )

Durant la réunion du Consortium des ONG italiennes qui avait l’objet d’évaluer le déroulement et les résultats de la première annuité du PVMTMS, une proposition a été faite aux partenaires d’investir au cours de la deuxième annuité des ressources pour renforcer le volet concernant la collaboration entre MT et MC.

En fait les activités de formation à l’articulation entre les deux systèmes menées au cours de la première annuité ont été jugées, en général, peu satisfaisantes pour plusieurs raisons:

  • La formation est gérée par un représentant de l’une des deux parties en cause, la MC, ce qui place d’emblée ce systèmes dans un rang supérieur (A doit enseigner à B, qui doit apprendre de A) plutôt que favoriser ce qui est dans l’esprit du PVMTMS : le dialogue entre paires, entre confrères. Et encore, les représentants des la MC qui conduisaient la formation étaient souvent des jeunes infirmiers pleins de bonne volonté mais qui se posaient en tant qu’enseignants face à des vieux et vieilles TT qui auraient dû plutôt être considérés, dans la logique de la MT et du Projet, des professeurs face à des jeunes.
  • Les formations menées par les représentants de la MC suivaient le vieux schéma qui dans le temps se proposait, vu la faillite de la politique de formation de Hygiénistes-Secouristes (HS), de transformer les TT en HS par le transfert de quelques simples informations de santé de base.
  • Les modalités pédagogiques utilisées ne sont pas idéales, adoptant le format des leçons frontales et portant sur des arguments théoriques et souvent inappropriés, même si proposés parfois par les TT, qui espèrent dans ces occasions de s’approprier des secrets les plus épatants de la MC (par exemple, comment réanimer un noyé !).
  • Les limites de cette formation se retrouvent aussi dans la formation concernant l’environnement et l’exploitation forestière, où souvent le formateurs, agent de l’État, oublient à leur tour de se trouver en présence d’experts dans ce domaine, les TT. Plutôt que de les amener à peaufiner et valoriser leurs connaissances, de les soutenir et les amplifier en les articulant avec les acquis, lois et dispositifs des Services d’État qu’ils représentent, ils proposent aux TT le ABC du bon petit paysan.

Pour ces différentes raisons, tout en reconnaissant le précieux travail de base déjà mené, le Consortium a proposé le suivant schéma d’action dans le domaine de l’articulation entre MC et MT pour la deuxième annuité :

  • Recruter un jeune médecin local pour accompagner les ATT dans le processus de articulation avec la MC au cours de la deuxième annuité. Ce médecin devra être formé sur le terrain à l’approche adoptée par le PVMTMS, en participant soit aux activités cliniques mixtes (où le médecin observe et assiste le TT dans son travail) soit aux activités de formation.
  • Parmi les expatriés, garantir la présence d’un médecin avec expérience en MT et d’une psycho anthropologue (PA) avec expérience en MT en missions ponctuelles de formation et de évaluation.

Cette équipe médicaux-anthropologique italo-malienne devrait, en étroite collaboration avec les partenaires nationaux et locaux:

  • Organiser des journées de consultation mixte auprès des ATT opérant dans les différentes zones d’intervention du projet, mettant à point un système d’enregistrement des cas examinés et de leur suivi, et favorisant l’articulation entre TT et structures de Santé de référence sur le territoire à la base de la pyramide sanitaire. Étant donné l’étendue géographique des zones d’intervention, après une première phase de coordination et mise à point commune de la méthodologie, le médecin italien et malien pourraient se partager les zones d’interventions, pour pouvoir couvrir au cours de l’annuité au moins quelques ATT dans toutes les zones. Des rencontres fréquentes de présentation des données récoltées et de discussion entre l’équipe du PVMTMS et les responsables des institutions techniques maliennes concernées (notamment le DMT) devraient permettre, grâce à l’évaluation conjointe, une mise à point progressive de la méthodologie et une première élaboration des informations.
  • Une fois tous les quinze jours, des consultations de ethnopsychiatrie et ethnomédecine impliquant les techniciens du projet, les représentants des services socio sanitaires locaux et les TT pourraient être organisées à Bandiagara auprès du siège de la FATTB où du CRMT, en utilisant un setting approprié. Ce type de consultation montre en effet la possibilité et les avantages d’une mise en présence des différents systèmes de soins et de leur articulation (voir les expériences en cours en Italie, France, Canada et Ghana).
  • Dans ce contexte, la consultante PA devrait aussi explorer, auprès des différentes ATT, la présence de la composante féminine, ses aires de compétence, et les voies pour la renforcer.
  • À la fin de la deuxième annuité, nous devrions ainsi avoir réalisé des activités de formation appropriées et personnalisées et disposer des informations nécessaires pour orienter les activités dans ce domaine de la troisième annuité et pour dessiner les lignes générales de possible nouveau projets à échelle régionale.

Les activités décrites constituent à mon avis le dépassement réel des précédentes formations à l’articulation, réalisant déjà à la base de la pyramide sanitaire des occasions concrètes de articulation. Elles pourraient se conclure par un compte rendu des acquis et des questions émergées dans le cadre d’un séminaire national ou international ouvert aux représentants socio sanitaires locaux et régionaux et par une publication destinée à tous les acteurs et partenaires du PVMTMS.

Concrètement, au départ de cette action, il s’est agit de :

  • Etablir les modalités, les lieux et le calendrier des activités prévues ;
  • Définir les modalités d’enregistrement des données (fiches, dossiers cliniques) ;
  • Organiser le système de supervision conjointe ;
  • Décider dès maintenant les lieux et les dates du séminaire de restitution ;
  • Soigner tout au long de ce processus l’intégration des activités du groupe santés avec celles menées par les autres groupes.

Les approfondissements concernant les activités réalisées, les outils utilisés et des commentaires provisoires à propos de la démarche en cours, sont disponibles dans les fichiers consultables off line.

Témoignage du Dr. Ogobara Kodio Avril 2008

Je suis arrivé au PVMTMS il y a environ deux mois durant lesquels j’ai suivi des formations théoriques et sur le terrain ; ces dernières m’ont permis de visiter toutes les zones d’intervention du Projet au Mali et au Sénégal. J’ai beaucoup vu et entendu, en un mots j’ai beaucoup appris ; mais il reste encore beaucoup à apprendre. La grande connaissance scientifique, la qualité pédagogique et la simplicité de mon principal formateur m’ont permis de comprendre beaucoup de choses que s’ignorais. L’apport de tous les membres du Projet a été déterminant.
Au Mali les activités de articulation à Bandiagara se sont bien déroulées à travers les trois actions de formation-recherche-soins qui sont : la Journée Santé auprès des ATT, la formation-suivi des TT femmes et hommes, et enfin la consultation mixte. Dans toutes ces activités les représentants de la MT et de la MC collaborent bien et chacun apporte sa contribution pour soulager la douleur et prolonger la vie des patients. Au cours des activités de l’articulation il y a trois bénéficiaires qui sont : le malade reçoit deux types de soins (médicales et traditionnels), le médecin qui apprend du TT et celui-ci qui apprend la méthode médicale qui consiste à soigner à partir des preuves scientifiques. Les TT réfèrent aisément un certains nombre de maladies classées en trois groupes : les maladies très contagieuses, les maladies rapidement mortelles et les maladies qui déciment la vie des nos enfants. On comprend par là que les TT ont bénéficié des formations médicales financées par le PVMTMS sur les critères de référence. Les contre références ont concerné les maladies psychiques et traumatologiques pour lesquelles les TT ont fait preuve de compétence.
La Journée de Santé de Kolokani a réuni des médecins des infirmiers et des TT ; c’est une preuve de bonne collaboration ; les références et les contre référence se passent dans un climat d’entente et de respect mutuel. La particularité de Kolokani est le coté matériel, les TT travaillent surtout avec les plantes. D’ailleurs un TT affirme disposer d’un remède traditionnel contre l’hépatite B dont l’efficacité est scientifiquement prouvé après des analyse sanguines pré- et post-thérapeutiques. Il reste à prouver cette bonne nouvelle. Il faut signaler qu’ il y a une bonne collaboration entre les deux systèmes de santé sans une réelle activité de articulation. Cette collaboration est le fait d’un coté de l’existence d’un cadre institutionnel et juridique qui réconfort beaucoup les TT maliens, le Ministère malien de la Santé à travers le DMT appui beaucoup les TT. De l’autre coté la Coopération italienne a apporté depuis plusieurs dizaines d’années une aide considérable pour promouvoir la MT au Mali.

Au Sénégal j’ai visité les trois zones d’intervention du Projet mais aussi Velingara où opèrent Medicos del Mundo. La première zone visitée fut Fimela où une convention a été signée entre l’autorité sanitaire et les TT dans le cadre de la collaboration entre les deux systèmes de santé. En droite ligne de cette collaboration, un TT a reçu un glycomètre, et les modes d’utilisation lui ont été enseignés par un médecin. Celui-ci prouve l’efficacité du traitement anti-diabétique par des mesures pré- per- et post-thérapeutiques. Le médecin et le TT confirment que le traitement antidiabétique traditionnel est efficace. Par contre le processus de conversion du TT en petit infirmier avance lentement et cela de manière consciente ou inconsciente. Un Centre de MT sera bientôt fonctionnel ; dans ce Centre les quatre médecins locaux et les TT veulent travailler ensemble. Cela a tour de rôle et suivant un programme prédéfini. Ils veulent faire de ce Centre un centre de complémentarité, comme a déclaré Dr. Madeleine. Par ailleurs les TT commercialisent des médicaments traditionnels améliorés. La deuxième zone de la visite a concerné Kubanao, une localité de Ziguinchor. Cette localité m’a séduit par sa végétation verdoyante, sa propreté et une bonne cohésion sociale. Les TT de Kubanao avaient organisé des journées de consultation avec plusieurs médecins. Ces journées étaient placées sous le signe de la valorisation de la MT. Ces Journées ont vu TT et médecins travailler ensemble. Leur Centre de MT en cours de travaux permettra aux TT et aux IPC de la localité de travailler ensemble. Ils déclarent que ce Centre porte par exprès le nome de Centre de MT, sinon ce Centre serait mixte, ont-ils déclaré. Quelques minutes avant notre départ une formation de TT sur la gestion des stocks de génériques était en vue. Une telle formation à mon avis devrait porter sur les médicaments traditionnels.
Velingara était notre troisième étape. Cette zone n’est pas une zone d’intervention du Projet ; notre visite a porté sur des échanges d’expériences avec Medicos del Mundo, qui appui un processus de collaboration encore naissant entre TT et système sanitaire local. Des formations et rencontres avec d’autres TT venus de Kubanao se tenaient juste après notre départ pour Dakar.
A Louga la collaboration se porte mal, c’est comme chien et chats. Cependant les TT commercialisent des médicaments dans des officines au bord de la route, et cela malgré la situation qui prévaut.
Partout au Sénégal les TT sont mécontents de l’inexistence d’un cadre juridique les protégeant. Le besoin de formation aux premiers processus de l’articulation se font sentir partout où nous avons visité, et certains TT débordent en demandant des matériels de la MC. Les TT du Sénégal bénéficient mieux des produits de leur activité par rapport à leur collègue du Mali. L’espoir d’une bonne articulation existe au Sénégal, des ébauches de bonne collaboration existent un peu partout.
Mes propositions sont les suivantes, mais il n’existe pas un modèle standard :

  • Faire un recensement qualitatif des TT en les réunissant dans des ATT. Le bon TT combattra sans doute le faux qui assombrissent lourdement l’image des TT.
  • Former les TT sur les précurseurs de l’articulation comme par exemples les critère de référence. Mais les thèmes et les stratégies de formation devraient être choisis et décidés avec les autorités sanitaires compétentes de chaque localité.
  • Provoquer des rencontres entre TT et représentants de la MC de chaque zone car la froideur de la collaboration n’est pas le seul fait de l’absence d’un cadre institutionnel. Dans ce cas le rôle d’un médiateur-diplomate peut être déterminant.
  • Organiser des débats francs entre TT et représentants de la MC car les silences des représentants de la MC ne s’explique pas devant les propos souvent ironiques des TT. Un débat franc tracerais la limite de chacun, s’est à dire la force et la faiblesse de chacun.
  • Sensibiliser les deux acteurs, surtout les TT, sur les dangers et les inconvénients à vouloir être l’autre lors de la collaboration.
  • Former les TT à préférer les noms locaux des affections qu’ils traitent car il y a risque de faux amis.
  • Organiser des conférences, et des séminaires avec les représentants de la MC afin de les informer les avantages de l’articulation.
  • Organiser des échanges Sud-Sud tant demandés par les TT des deux Pays.
  • Organiser des échanges Nord-Sud pour s’informer et voir les autres TT à travers le monde.
  • Faire connaître les TT et leurs activités à travers le Web et les autres voies de communication.
  • Former les TT du Mali sur les AGR.

J’ai reçu une formation purement médicale mais aujourd’hui je travaille avec les TT. Ce vertigineux virage s’est très vite transformé en plaisir. J’apprends tous les jours auprès des TT, je pense qu’ils apprennent quelque chose de moi. Ma curiosité s’agrandi du jour au lendemain ; et cette curiosité est noble. Les TT sont des sources intarissables de savoir dans laquelle doivent boire les jeunes médecins pour le bien-être des médecins et des patients. Je commence à abandonner mes projets, je veux un jour me spécialiser dans un domaine de la MT, si Dieu le veux.

Merci, Dr. Ogobara Kodio.

Documentation off-line

  • [Télécharger] Experiences Medecine Traditionelle et VIH/SIDA - Dr Coulibay D. Chercheur
  • [Télécharger] Il caso della traumatologia Dogon del Mali - Giuseppe Baiguini
  • [Télécharger] Manuel MT expérience au Mali de Terra Nuova
  • [Télécharger] Manuel de Renforcement des capacités des Thérapeutes Traditionnels FATTB - CRMT