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Présentation II année
Interview Iside
Documentation PVMTSM

Présentation de la II année du PVMTMS

(par Iside Baldini et Pietro Ferrero Mars 2008)

Le Programme, conçu au départ par le groupe des cinq ONG italiennes, progresse aujourd’hui grâce au travail conjoint de neuf autres sujets, sénégalais et maliens, qui en partenariat avec les cinq italiens rendent possible cette expérience de développement local. Cette précision veut souligner qu’un projet pareil ne peut pas être managé par un seul sujet.
Les cinq ONG italiennes ont en commun le fait qu’elles travaillent sur l’environnement, l’appui aux organisations de base et sur la décentralisation par le développement local, en définitive elles partagent l’objectif de l’appui au renforcement des communautés pour que chacun puisse avoir un mot à dire par rapport au développement de son propre terroir. Parmi les cinq, trois avaient déjà une expérience de travail dans la valorisation de la MT et une de ces trois a la vocation de travailler sur la valorisation de la MT pour développer la recherche et la santé des populations.
Pourquoi, alors, des ONG qui ne sont pas spécifiquement ancrées dans le domaine de la MT décident de participer à l’identification et à la réalisation d’un projet en Afrique sur ce sujet?
L’explication vient du fait que ces cinq ONG ont pu bénéficier de l’apprentissage issu de l’expérience de coopération à Bandiagara, qui a démontré que le système de la MT va beaucoup plus au-delà du simple enrichissement du discours sanitaire. En outre, ces cinq ONG ont toutes travaillé dans l’environnement et, par conséquent, en appuyant les initiatives promues par les communautés, elles ont pu constater que les guérisseurs connaissaient profondément les plantes et qu’ils œuvraient pour la protection de l’environnement. Cette expérience leur a servi de comprendre qu’un partenariat avec les représentants du domaine de la MT était intéressant pour approfondir l’action de protection de l’environnement.
En travaillant avec les communautés, elles on constaté aussi que le guérisseur est aussi une personne incontournable dans le contexte social d’un village ou d’un quartier en ville : il intervient en cas de problèmes et dans la prise de décisions concernant la communauté ; il joue un rôle très important dans l’éducation des jeunes, soit à travers des cérémonies d’initiation, soit par les apprentissages aux règles sociales dans la gestion de la vie quotidienne de la communauté (négociation et solution des conflits sociaux, réglementation des cycles de production agricoles, etc.). Le guérisseur, étant aussi un des garants de la culture et de l’identité des lieux et des populations qui les habitent, est une ressource très importante pour le développement communautaire, il est le sujet qui intervient pour pallier aux mauvaises choses (ou carrément les éviter) qui peuvent s’abattre sur la communauté.
Les opérateurs des cinq ONG, donc, ont commencé a réfléchir sur ce que c’est que la MT et ce que c’est un guérisseur. Ils ont employé un an et demi rien que pour s’accorder sur ce que pour eux, et pour les institutions qu’ils représentaient, signifiaient:

- santé
- maladie
- rôle du TT dans tout cela
- valorisation de la médecine traditionnelle
- développement
- etc.

Quand les opérateurs des ONG ont procédé à l’identification des activités du projet, les guérisseurs se disaient des aveugles, ils leurs disaient « nous sommes derrière vous », si bien que les représentants des ONG italiennes, se sentaient derrière eux ; s’ils se disaient aveugles par rapport au développement, concernant la MT, les opérateurs des ONG se sentaient stupides. Alors ils ont pensé que la meilleure chose à faire, était de créer un cadre de concertation, à l’intérieur duquel chacun pouvait se sentir à l’aise, en disant ce qu’il savait et ce qu’il tenait faire passionnément, dans le but d’améliorer le bien être de tous. Ils ont essayé de faire en sorte que tout un chacun qui voulait dire quelque chose, pouvait le faire.
Ainsi, après 1 an et demi de concertation pour se mettre d’accord sur les mots et les concepts que qu’ils utilisaient, 4 ans pour la rédaction du projet et l’obtention du financement par le MAE italien, et presque 2 pour entamer les actions, ils ont aujourd’hui un projet qui est, au fait, un cadre de concertation, une table autour de laquelle tout un chacun peut déposer ses expériences, ses motivations, ses souhaits et les partager avec les autres, une table où l’on parle plus de 10 langues. Pour cela, l’un des engagements fondamentaux du projet est l’intermédiation culturelle, car derrière chaque langue il y a une culture spécifique, des visions du monde différentes.
Nous avons basé ce projet sur l’échange. Ce sont d’ailleurs les partenaires africains qui nous ont sollicité dans ce sens; ils ont souhaité avoir des occasions pour rencontrer d’autres TT et se parler. Après presque deux ans de projet, nous pouvons dire que les échanges réalisés ont facilité de grandes ouvertures dans chaque zone où le projet intervient. Chacun puise de l’expérience de l’autre des idées pour les appliquer dans sa situation, en les adaptant.
Même nous, nous avons appris beaucoup durant ces échanges, et nous nous sommes questionnés beaucoup sur la signification de santé et sur comment on peut concrètement valoriser la MT.
Pour nous, le dispositif de la MT n’a pas seulement un côté sanitaire, si bien qu’on reconnait ce volet comme étant très important. D’autres volets aussi importants sont l’environnement, la sensibilisation sociale des populations, l’éducation, la culture, l’économie à travers les activités génératrices de revenu autour du dispositif, et pour finir la question identitaire qu’il contribue à construire.

Quand il y a deux ans, nous avons démarré la réalisation de ce projet, la première question à affronter a été le partage avec les associations de guérisseurs et les acteurs à la base, de ce qui avait été retenu dans le document de projet, il y a plus de quatre ans, en vue de sa réactualisation. Non seulement le dossier de projet a été distribué à tous les acteurs, mais l’équipe de coordination a employé deux mois pour discuter avec eux sur le contenu, pour qu’ils puissent s’en approprier concrètement. C’était quoi ce document? Qui l’avait écrit ? Qu’est-ce qu’il y avait là dedans? Nous avons repris le document et ensemble nous avons écrit à nouveau le projet. Nous avons demandé aux partenaires quels étaient leurs rêves par rapport à la valorisation de la MT, et comment faire pour faire coïncider ce qui était écrit dans le dossier avec les rêves.
Quel était le rôle de tout un chacun? Comment commencer les activités?
Ce partage initial a été long car nous avons pratiquement écrit à nouveau tout le document de projet, mais cela nous a permis durant ces deux ans, de bien travailler surtout dans l’entente et la confiance réciproque. Les domaines d’action du projet, retenus et confirmés par le travail de réactualisation sont:

1. le renforcement des Associations des guérisseurs ;
2. la préservation de l’environnement ;
3. la promotion de la sante et l’articulation entre la médecine traditionnelle et la médecine conventionnelle.

Tout cela a été possible grâce à l’organisation d’échanges, surtout sud sud, pour permettre le partage des expériences.
Pour résumer, durant la première année du projet (qui, au fait, a été prolongée presque à 22 mois) il y a eu le partage des concepts, la construction partagée d’une méthode de travail et d’un cadre de référence étique, la prise de conscience des besoins, des rêves et des cauchemars de tous les acteurs, y compris des cinq ONG italiennes.
Cela a été, principalement, un travail de négociation sociale et d’intervention technique sur les pratiques, sur la mise à point des outils, et sur la responsabilisation de tout un chacun. A la fin de la première année, une évaluation a était faite aussi bien au niveau des acteurs sénégalais et maliens qu’au niveau de la plateforme pour améliorer le travail de la deuxième année. Tous les participants à l’évaluation ont fait le constat que le travail de renforcement des capacités des associations a été très important et qu’il faudra le poursuivre, comme il est important de poursuivre l’appui aux ATT pour la réalisation d’infrastructures comme les jardins botaniques et les sièges. Dans le domaine de la formation, les échanges ont été évalués comme réellement porteurs d’innovation, il en est de même pour l’ouverture à d’autres acteurs et projets similaires (comme le projet sur la santé communautaire de Medicos del Mundo au Sénégal, ou les initiatives liées aux Fonds Italie-CILSS au Sénégal et au Mali). Concernant l’orientation des activités de la deuxième année, nous avons identifié deux domaines prioritaires :

- Les Activités Génératrices de Revenu (AGR): Un des problèmes principaux constaté chez les associations de guérisseurs qui collaborent au projet est qu’elles rencontrent des difficultés pour sélectionner des activités concrètes collectives qui puissent réunir leurs membres autour d’une action commune. Cela engendre une faible participation des membres à la vie associative. De même, elles souffrent d’un manque de moyens financiers pour promouvoir leurs services pour la santé et la culture et elles n’arrivent pas à soutenir économiquement leurs membres. De ce fait, l’appui aux associations de TT pour identifier et réaliser des AGR communautaires devrait les aider à devenir plus autonomes par rapport aux financements extérieurs et à améliorer les services offerts aux populations de leur terroir dans les domaines de la santé, de l’environnement et de la culture.

- Le Volet santé : au moment de l’évaluation, nous avons remarqué que, durant les formations adressées aux TT sur l’articulation des deux systèmes de soins, ce schéma habituel des relations se reproduisait : l’infirmier jouait le rôle de l’enseignant et les guérisseurs celui des élèves. Cela produisait donc non pas une articulation de deux systèmes, mais plutôt un passage d’information à sens unique. A partir de cette réflexion, pour la deuxième année du projet, nous avons transformé les formations unidirectionnelles en journées d’échange, pour ouvrir un dialogue entre la MT et la MC, cela aussi dans le but d’ouvrir une vision critique d’un système sur l’autre et une ouverture réciproque entre les deux. Il y a sûrement quelque chose de bon dans ce que l’autre dit, mais l’ouverture toute seule ne suffit pas, il faut aussi la critique: on ne va pas tout accepter. Nous voudrions éviter la méfiance complète mais aussi la complaisance. Nous avons cherché un espace pour cette articulation et le projet est en train de promouvoir l’expérimentation de consultations conjointes entre TT, médecins, infirmiers, anthropologues, psychologues.

En définitive, ce projet est en train d’œuvrer pour contribuer à améliorer le bien-être des populations des zones où il intervient, mais en essayant de laisser aux communautés la possibilité de définir ce que c’est pour elles « bien-être ». On essaie de ne pas décider à la place des personnes qui vivent leurs réalités, on les appuie là où l’on peut. En les appuyant, on réfléchit et on met à jour notre propre manière de faire et de penser. Là où nos forces rencontrent leurs limites, nous cherchons de faciliter la relation des acteurs du projet avec d’autres partenaires qui peuvent les appuyer d’avantage.

Interview avec la Coordinatrice du Projet, Dr Iside Baldini, le 09.10.06

« Le PVMTMS a officiellement commencé ses activités sur le terrain le 1 Mars 2006. Le travail principal jusqu’à aujourd’hui a été celui de re-actualiser le Proje. Nous avons vérifié avec les partenaires locaux si, tenant compte des objectifs, nous pouvions le considérer encore actuel. Ce projet avait été conçu, et les activités identifiées, entre 1998 et fin 2001 lorsque il a été présenté au Ministère des Affaires Etrangères de l’Italie, et ensuite revu trois, quatre fois et la version défintive, celle qui a été financé, a été écrite au mois de Avril 2004. Mais entre 2002 et 2004 les revisions ont concerné seulement des aspects techniques et non pas les contenus, mise à part la concentration sur deux Paysà la place des quatre prévus au début. La conception générale du Projet est resté inchangée ; seulement quelques activités ont été modifiées.

Au cours de la re-actualisation, huit ans après l’identification du Projet, nous avons découvert que la conception et les lignes générales étaient tout à fait encore valables et actuelles. L’axe de portance du Projet sont les échanges entre Thérapeutes Traditionnels (TT) et le renforcement des dynamiques locales, soit des TT que des organisations de base qui les soutiennent ou, sous certaines aspects, les englobent, et avec lesquelles ils se coordonnent. Cette partie est resté valable, et elle a été reconnues par les partenaires comme centrale. Même les autres acteurs qui travaillent dans ce domaine, comme différentes ONG et les Ministères, reconnaissent la valeur innovante et intéressante du Projet ; même si finalment cette position peut créer des problèmes, par exemple aux Ministères car augmente la possibilité de autonomie des TT et renforce leur possibilités de choix et d’action. Mais ce besoin d’un contrôle central pour peur de la diffusion des pratiques des charlatans peut être remplacé, et rendu même plus efficace par le renforcement des dynamiques associatives, par les contrôles que les Associations des TT mettent en place pour exclure les charlatans. Les Associations savent que la diffusion de charlatanisme risque de les endommager, car tout le systhème de la Médecine Traditionnelle (MT) perds ainsi sa crédibilité.

Le re-atualisation a donc concerné surtour les activités du Projet, car il y a eu et il y a des modifications réelles, soit pour ce qui concerne les ONG qui ont proposé le Projet, car leur présence sur les territoires identifiés au début comme zones de l’intervention en certains cas s’était renforcée, en d’autre affaiblie. Ces changements n’étaient pas sans conséquences sur la faisabilité de certaines des activités prévues, conçue comme une greffe de certaines thèmes sur des activités déjà en cours par les ONG, et cela pour assurer un meilleur efficacité et durabilité des activités. Un autre problème qui est ressorti de la re-actualisation a été que les partenaires identifiés au début avaient entre temps renforcé et amplifié leur présence sur les territoires réalisant aussi des alliances avec des autres réalités qui n’existaient pas auparavant, ou qui n’était pas visibles, accélérant de cette façon, dans certaines zones, les dynamiques de dévéloppement qui concernent la valorisation de la MT. Représentants des 7 partenaires qui ont proposé le Projet et des 5 partenaires opérationnels ont participer au travail de re-actualisation qui a duré deux mois et a abouti au premier Échange Sud-Sud. Dans cette occasion, un protocôle exécutif concernant la première annuité du Projet a été élaboré au cours d’un processus complexe et participé, protocôle qui par lasuite a été signé par tous à l’occasion du deuxième Échange Sud-Sud. Au même temps le travail de renforcement des capacités soit des équipes opérationnelles identifiés que des TT par des acivités de formation et information a commencé. Donc l’activité principale au cours des premiers six mois du Projet a été l’organisation et le démarrage du dispositif du Pojet et le début des activités de formation et animation. Dans certaines des zone noua avons aussi commencé des activités concrètes. Par exemple, soit au Mali que au Sénégal nous avons mélioré les sièges de deux associations (FATTB et Youngar) et commencé le travail de préparation des jardins botaniques pour les plantes médicinales en collaboration avec les Ministères interessés. Dans d’autres cas nous avons amélioré les équipements des partenaires, par exemple par l’achat de motos pour la FATTB pour que les membres ds Bureux des Associations puissent se déplacer plus facilment et donc intensifier les échanges entre eux. Comme je l’ai déjà dit, deux Échanges Sud-Sud ont été organisés, le premier au Sénégal et le deuxième au Mali. Au cours du premier, les représentants des Associations des TT et les différentes acteurs ont eu l’occasion de se rencontrer et s’ouvrir à la connaissance réciproque ; le duxième par contre a été unéchange plus technique, concernant la description et l’évaluation des expéreince en cours de articulation entre MT et Médecine Conventionnelle (MC).

À cet atelier ont participé aussi les autorités sanitaires et les représentant du Ministère de la Santé.

Pendant ces mois le Projet a été présenté soit au Mali que au Sénégal à l’occasion d’évènements différents comme par exemple la Journée Africaine de la Médecine Traditionnelle, qui a eu aussi une retombé importante dans les média, occasion aussi pour les partenaires de connaîtres d’autres réalités engagées dans les mêmes procesus mais dans d’autres territoires. Certaines, intéressées par les activité et les objectifs du Projet, ont manifesté l’intérêt à collaborer avec nous et bénéficier des ressources disponibles.

D’ici à la fin de la première annuité nous envisageons le démarrage des jardins botaniques ans toutes les zones prévues, sauf que a Youvarou, et de renforcer et agrandir les sièges et les centres cliniques (même si ce deuxième aspect est beaucoup plus difficile et complexe) des différentes Associations. Deus autres Échanges nationaux, un au Mali et l’autre au Sénégal, et deux Sud-Sud sont prévus, ainsi que d’autres activités de formation. »

Documentation off-line concernant le PVMTMS